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RDC : face à Ebola, les soignants alertent sur le manque de moyens et les autorités misent sur la vaccination

De retour de République démocratique du Congo après deux mois passés auprès de patients atteints d’Ebola, la Dre Margot Grelet, de Médecins Sans Frontières…

De retour de République démocratique du Congo après deux mois passés auprès de patients atteints d’Ebola, la Dre Margot Grelet, de Médecins Sans Frontières (MSF), alerte sur le manque de moyens dont disposent les équipes médicales pour faire face à l’épidémie. Son témoignage, recueilli par la chaîne française M6, intervient alors que les autorités congolaises tentent de renforcer la riposte, notamment par le recours à la vaccination.

Pendant deux mois, la Dre Margot Grelet a participé à la prise en charge de malades atteints d’Ebola en République démocratique du Congo. À son retour, la médecin de Médecins Sans Frontières décrit une situation particulièrement difficile sur le terrain, où les besoins dépassent largement les capacités disponibles.

« Il y a beaucoup de financements qui ont été mis, mais ce n’est pas du tout au niveau de ce qu’il y aurait besoin aujourd’hui », témoigne-t-elle.

Selon la médecin, les équipes engagées dans la riposte manquent parfois d’équipements pourtant indispensables à la prise en charge des patients.

« On manque de moyens de base. On a des gens qui n’ont pas les gants, juste pour prendre en charge les personnes », explique-t-elle.

MSF peine à suivre la progression de l’épidémie

Face à l’urgence, Médecins Sans Frontières a déployé des moyens pour renforcer la prise en charge des malades et assurer la protection de ses équipes. Mais l’organisation humanitaire peine à étendre ses interventions au même rythme que la progression de l’épidémie.

« On est tous à courir derrière l’épidémie. Au niveau de MSF, on a mis en place des moyens pour faire de la prise en charge. On fournit les équipements de protection à nos équipes, mais on n’arrive pas à étendre nos activités aussi vite que la maladie s’étend », poursuit la Dre Margot Grelet.

L’épidémie aurait débuté à la mi-mai en République démocratique du Congo, avec un foyer important dans la province de l’Ituri, avant de toucher une zone géographique beaucoup plus vaste.

La souche identifiée est le virus Ebola Bundibugyo, une variante déjà impliquée dans de précédentes flambées épidémiques en Afrique.

Comme les autres formes de maladie à virus Ebola, l’infection peut notamment provoquer de la fièvre, des maux de tête, des vomissements et des diarrhées. Dans les formes sévères, des manifestations hémorragiques peuvent également apparaître.

Kinshasa mise sur le vaccin Ervebo

Face à la progression de la maladie, les autorités congolaises, en collaboration avec leurs partenaires internationaux, ont décidé d’intégrer la vaccination dans leur dispositif de riposte.

Une cargaison de 16 000 doses du vaccin Ervebo est arrivée à Kinshasa. Ce vaccin a notamment été largement utilisé lors de précédentes épidémies d’Ebola en RDC, notamment entre 2018 et 2020.

Le ministre congolais de la Santé, Dr Samuel Roger Kamba, a expliqué que cette décision avait été prise après consultation des scientifiques.

« Nous avons, dans notre planification, décidé, avec l’avis des scientifiques, d’utiliser le vaccin Ervebo, qui a déjà été utilisé plusieurs fois, notamment de manière très importante pendant l’épidémie de 2018 à 2020 », a-t-il déclaré.

Ervebo a cependant été développé contre une autre espèce du virus Ebola. Son niveau d’efficacité contre la souche Bundibugyo constitue donc un enjeu scientifique majeur dans la stratégie actuellement envisagée.

Pour les autorités et les équipes médicales, l’utilisation de ces doses représente néanmoins un nouvel espoir pour renforcer la protection des personnes les plus exposées.

Une riposte compliquée par l’insécurité

Au défi sanitaire s’ajoute celui de l’insécurité dans certaines zones touchées. Les équipes médicales doivent intervenir dans des régions où opèrent plusieurs groupes armés, rendant parfois difficiles les déplacements, le suivi des contacts et l’accès aux populations.

Dans ce contexte, les professionnels de santé tentent simultanément d’isoler les cas, de prendre en charge les malades, de protéger le personnel médical et de limiter les nouvelles contaminations.

Le témoignage de la Dre Margot Grelet met ainsi en évidence l’un des principaux défis de cette nouvelle crise sanitaire : alors que la maladie progresse, les moyens humains, logistiques et matériels disponibles sur le terrain restent insuffisants pour permettre aux équipes médicales de suivre rapidement son expansion.

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