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Assainissement de la ville de Kinshasa : quand un ministre s’oppose au Service national

C’est une scène à peine croyable qui s’est déroulée dans la ville-province de Kinshasa, capitale de la RDC. Les éléments du Service national, dans…

C’est une scène à peine croyable qui s’est déroulée dans la ville-province de Kinshasa, capitale de la RDC. Les éléments du Service national, dans le cadre de la Task Force pour l’assainissement de la ville, ont investi le bâtiment Flamboyant, dans la commune de la Gombe, pour assainir cet immeuble et ses alentours, malheureusement devenus le symbole de l’insalubrité dans cette prestigieuse commune de la capitale.

Les habitants mis à contribution

Cette opération a vu les habitants de l’immeuble être associés aux travaux pour curer les caniveaux remplis de matières fécales issues des fosses septiques pleines et non entretenues par les occupants des lieux, où vivent des centaines de familles dans une crasse indescriptible.

Des travaux intenses ont été menés pour assainir ce lieu. Malgré la résistance, les éléments du Service national sont parvenus, avec méthode, à conscientiser les occupants et à les amener à mettre la main à la pâte pour leur propre intérêt.

Une action saluée par tout le monde, même s’il a fallu une dose de persuasion pour faire comprendre aux locataires de l’immeuble Flamboyant, qui s’étaient apparemment déjà accommodés de l’insalubrité, la nécessité de rendre leur milieu de vie propre.

À l’issue de l’opération, le syndic de l’immeuble s’est engagé à construire une nouvelle fosse septique fonctionnelle et à assurer l’entretien régulier des installations sanitaires afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

L’intervention du ministre Léon Mulumba

Chose étonnante, le ministre provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement, Léon Mulumba Mwana Nshiya, a débarqué sur les lieux pour demander aux éléments du Service national de cesser carrément cette opération.

Le ministre a estimé que la liberté de circulation des locataires de l’immeuble insalubre Flamboyant était violée par le simple fait qu’il leur avait été demandé de contribuer à rendre leur propre bâtiment salubre.

Avec véhémence, ce membre du gouvernement provincial a intimé l’ordre aux éléments du Service national d’arrêter cette opération. Un comportement étonnant dans la mesure où cette intervention était menée dans l’intérêt de ces mêmes habitants de l’immeuble Flamboyant qui, durant des années, ont vécu dans une crasse indescriptible.

Dans ses propos, le ministre provincial a reproché au Service national de vouloir remplacer le gouvernement provincial.

« Vous n’êtes pas venus remplacer la ville (…). La ville a un programme très ambitieux », a-t-il déclaré.

Un programme ambitieux toujours attendu

Cette réaction révèle une sorte de frustration des autorités provinciales de Kinshasa face au travail exemplaire du Service national dans la capitale congolaise.

Néanmoins, la question que se pose l’opinion est celle de savoir pourquoi cet ambitieux programme de l’Hôtel de ville de Kinshasa n’est toujours pas mis en place.

Il faut rappeler que la venue du Service national dans la capitale fait suite à la décision du président de la République, après un constat amer sur l’état d’insalubrité de cette ville, qui est le miroir de toute la République.

Une opposition frontale aux bâtisseurs

Cette opposition frontale aux bâtisseurs (NDLR nom donné aux éléments du Service national ) peut aussi être interprétée comme le fruit d’une dent contre ces jeunes hommes et leur commandant, le général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, qui serait vu d’un mauvais œil par les autorités de la ville de Kinshasa.

En intimant directement des ordres aux exécutants déployés sur le terrain, le ministre a oublié que ces jeunes en tenue bleue sont, en réalité, des paramilitaires. C’est-à-dire qu’ils obéissent scrupuleusement aux ordres donnés par leur hiérarchie.

Toute démarche contraire, venant d’une personne ne relevant pas de leur hiérarchie directe, peut être considérée comme une entrave à l’exécution de leur mission.

Étant responsable à ce niveau, le ministre devrait savoir que sa démarche devait s’adresser directement à la hiérarchie de ces bâtisseurs et non aux éléments déployés sur le terrain, qui ne font qu’obéir et exécuter les ordres ou les instructions reçus.

Des contradictions qui risquent de freiner l’assainissement

Ces contradictions risquent d’entraver le travail des bâtisseurs du Service national et de freiner l’assainissement de Kinshasa.

Ce sont ces lourdeurs bureaucratiques qui ont, pendant des décennies, plongé la capitale congolaise dans un état piteux.

Pour bon nombre d’observateurs, le choix du président de la République de confier la salubrité de Kinshasa aux paramilitaires du Service national n’est pas le fruit du hasard, connaissant les habitudes des Kinois, qui misent beaucoup sur la propreté corporelle et moins sur celle de l’environnement qui les entoure.

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