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RDC : face à l’incivisme, l’instauration du fouet devient une nécessité ?

La persistance des comportements inciviques dans les villes congolaises démontre les limites de la sensibilisation. Face aux citoyens qui transforment les rues, les caniveaux…

La persistance des comportements inciviques dans les villes congolaises démontre les limites de la sensibilisation. Face aux citoyens qui transforment les rues, les caniveaux et les espaces publics en dépotoirs, la contrainte et l’instauration de sanctions exemplaires, dont le fouet, apparaissent désormais comme une réponse nécessaire.

En République démocratique du Congo, l’incivisme n’est plus un comportement isolé. Il est devenu une pratique courante qui dégrade profondément le cadre de vie dans les grandes agglomérations, à commencer par Kinshasa.

Déversement des déchets dans les caniveaux, raccordement des fosses septiques à la voie publique, vente sauvage sur les trottoirs, jet de bouteilles dans les rues, occupation des servitudes publiques, installation de marchés pirates et stationnement anarchique des véhicules de transport : ces comportements plongent progressivement les villes congolaises dans un état d’insalubrité catastrophique.

Malgré les campagnes de sensibilisation, les appels au civisme et les nombreuses opérations d’assainissement, une partie de la population persiste dans ces mauvaises pratiques. Certains citoyens semblent s’être accommodés de la saleté au point de considérer l’insalubrité comme une situation normale.

La sensibilisation a montré ses limites

Continuer à sensibiliser indéfiniment une population qui connaît déjà les règles, mais refuse volontairement de les respecter, ne peut produire aucun résultat durable. Celui qui déverse ses déchets dans un caniveau sait parfaitement que son acte contribue aux inondations, aux mauvaises odeurs et à la propagation des maladies.

De même, celui qui transforme un trottoir en marché, construit sur une servitude publique ou raccorde sa fosse septique à la rue ne peut prétendre ignorer les conséquences de son comportement. Il ne s’agit plus d’un manque d’information, mais d’un refus délibéré de respecter l’espace collectif.

Face à cette réalité, la persuasion doit laisser davantage de place à la contrainte. Les citoyens récalcitrants doivent comprendre que chaque acte d’incivisme entraîne immédiatement une sanction. L’instauration du fouet ne doit donc plus être considérée comme un sujet interdit, mais comme une mesure disciplinaire susceptible de rétablir l’ordre dans les villes congolaises.

Le fouet constituerait une sanction visible, immédiate et dissuasive. Son application devrait être encadrée par des règles précises, réservée aux actes d’incivisme clairement constatés et exercée sans règlement de comptes ni arbitraire. L’objectif ne serait pas d’humilier gratuitement, mais de corriger des comportements qui nuisent à l’ensemble de la société.

Une Task Force créée pour imposer la discipline

La création de la Task Force présidentielle de salubrité et d’assainissement de Kinshasa traduit la volonté du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’abandonner les méthodes inefficaces du passé.

Instituée par l’ordonnance n° 26/066 du 25 juin 2026, cette structure est placée sous l’autorité directe du Président de la République et coordonnée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national.

La Task Force doit élaborer et coordonner le Plan présidentiel de salubrité et d’assainissement, identifier et traiter les points critiques d’insalubrité, organiser la collecte et le traitement des déchets, assurer le curage des ouvrages de drainage, promouvoir l’hygiène publique et imposer la discipline urbaine.

Elle est aussi chargée de proposer et d’appliquer des mesures contraignantes de civisme environnemental. Cette mission confirme que la sensibilisation ne suffit plus et que la lutte contre l’insalubrité exige désormais une véritable politique de fermeté.

Le Service national montre la voie

Les « bâtisseurs » du Service national déployés dans la capitale sont salués pour leur rigueur et pour l’impact visible de leur travail. Contrairement aux opérations ponctuelles qui disparaissent après quelques jours, leur démarche consiste à nettoyer, à surveiller et surtout à responsabiliser les auteurs des actes d’insalubrité.

Faire travailler celui qui jette des déchets dans la rue est une mesure juste. Celui qui pollue doit nettoyer. Celui qui obstrue un caniveau doit participer à son curage. Celui qui transforme une servitude publique en espace privé doit être contraint de libérer les lieux.

Cette méthode doit être renforcée. Après le nettoyage obligatoire, les récidivistes devraient être soumis à des sanctions plus sévères. C’est à ce niveau que l’instauration du fouet trouve toute sa justification. Sans une punition réellement redoutée, certains citoyens continueront à défier l’autorité publique.

L’immeuble Flamboyant, symbole de la résistance à la discipline

L’opération menée à l’immeuble Flamboyant, sur l’avenue du Port dans la commune de la Gombe, illustre la nécessité de cette fermeté. Les occupants ont été contraints de participer à un « salongo » pour nettoyer les caniveaux dans lesquels avaient été déversés des déchets et des matières fécales.

Sous la supervision des bâtisseurs du Service national, les caniveaux ont été curés et les immondices évacuées. Cette opération a permis de rendre l’environnement plus propre et de mettre fin aux odeurs qui affectaient les riverains.

Au lieu de soutenir cette action, Léon Mulumba Mwana Nshiya, ministre provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement, est intervenu pour demander son arrêt. Il a accusé les éléments du Service national d’avoir empêché certains occupants de circuler librement et de les avoir contraints à travailler.

Cette intervention constitue une grave erreur dans la lutte contre l’insalubrité. La liberté individuelle ne peut pas servir de prétexte pour empêcher la responsabilisation des personnes qui dégradent l’environnement collectif. Les droits ne peuvent être invoqués uniquement lorsqu’il faut échapper aux conséquences de ses propres actes.

Les occupants de l’immeuble Flamboyant n’ont pas été envoyés nettoyer un quartier qu’ils n’avaient jamais fréquenté. Ils ont été appelés à assainir leur propre environnement et les caniveaux qu’ils avaient contribué à polluer.

L’Hôtel de ville ne doit pas combattre la Task Force

L’intervention du ministre provincial donne l’impression que le gouvernement de Kinshasa cherche à s’ériger en rival de la Task Force présidentielle. Pourtant, l’Hôtel de ville est partie prenante de cette structure et le gouverneur Daniel Bumba Lubaki avait publiquement promis d’accompagner sa mission.

Les autorités provinciales devraient soutenir les bâtisseurs plutôt que perturber leurs opérations. La présence du Service national dans les rues de Kinshasa démontre justement que les mécanismes ordinaires de l’Hôtel de ville n’ont pas réussi à résoudre durablement le problème de l’insalubrité.

Combattre la rigueur du Service national revient à protéger les mauvaises habitudes qui ont plongé la capitale dans la saleté. Kinshasa n’a pas besoin d’une rivalité entre institutions, mais d’une autorité unie, ferme et déterminée.

Le fouet ne doit plus être un tabou

L’arrivée de l’AFDL au pouvoir reste associée, dans une partie de la mémoire collective, à une période durant laquelle le fouet avait imposé une discipline immédiate dans plusieurs villes du pays. Cette méthode a été controversée, mais elle avait marqué les esprits et installé la peur de commettre certains actes sur la voie publique.

Aujourd’hui, la RDC se retrouve de nouveau confrontée à une indiscipline urbaine généralisée. Les citoyens respectueux des règles subissent quotidiennement les conséquences des comportements d’une minorité qui confond liberté et désordre.

L’instauration du fouet devient ainsi une idée valable pour corriger les récidivistes qui transforment les espaces publics en poubelles, dépotoirs, marchés ou garages. Elle devrait accompagner les travaux communautaires obligatoires, les amendes et la réparation des dégâts causés.

La propreté des villes ne sera pas restaurée par des discours. Elle exige une discipline de fer, des sanctions immédiates et une autorité qui ne recule pas devant les résistances. Celui qui pollue doit nettoyer. Celui qui récidive doit être sévèrement puni.

Comme le rappelle l’adage, « qui aime bien châtie bien ». Pour sauver Kinshasa et les autres villes congolaises de l’insalubrité, le fouet ne doit plus être écarté des solutions envisageables.

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