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Journée mondiale de la démocratie : en RDC, des institutions électives mais une démocratie toujours fragile

À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, célébrée ce 15 septembre 2026, les indicateurs mondiaux dressent un constat préoccupant. La démocratie recule…

À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, célébrée ce 15 septembre 2026, les indicateurs mondiaux dressent un constat préoccupant. La démocratie recule dans de nombreuses régions. En République démocratique du Congo, le pluralisme politique et les institutions électives subsistent, mais les libertés publiques, l’État de droit et les contre-pouvoirs restent fortement fragilisés.

Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la démocratie est célébrée chaque 15 septembre. Pour 2026, l’ONU insiste particulièrement sur la participation des citoyens au processus de décision et sur le dialogue comme moyen de renforcer la confiance dans les institutions.

« La démocratie est plus que des élections. »

C’est l’un des messages portés par les Nations unies, qui rappellent que démocratie, droits humains, État de droit et participation citoyenne sont étroitement liés.

Une démocratie mondiale sous pression

Les dernières données de V-Dem montrent l’ampleur du recul. Fin 2025, le monde comptait 92 autocraties contre 87 démocraties. Environ 74 % de la population mondiale, soit près de 6 milliards de personnes, vivait sous des régimes autocratiques. Seulement 7 % de la population mondiale vivait dans des démocraties libérales.

International IDEA constate de son côté que 94 pays, soit 54 % des États étudiés, ont enregistré en cinq ans une détérioration significative d’au moins une dimension démocratique.

Ces données montrent que la fragilisation de la démocratie n’est plus un phénomène limité à quelques régions. Elle touche aussi bien les institutions, les libertés publiques, les élections que la participation citoyenne.

RDC : des élections, mais de sérieux déficits démocratiques

En République démocratique du Congo, la situation reste préoccupante.

Dans son rapport 2026, Freedom House attribue à la RDC 18 points sur 100 et classe le pays parmi les États « non libres ». Le pays obtient notamment 4 points sur 40 pour les droits politiques et 14 sur 60 pour les libertés civiles.

V-Dem place pour sa part la RDC au 134e rang sur 179 pays dans son indice de démocratie libérale, avec un score de seulement 0,12 sur 1.

La liberté de la presse constitue également un indicateur important. Reporters sans frontières classe la RDC 130e sur 180 pays en 2026, dans un contexte où les journalistes restent confrontés à des pressions, menaces et risques sécuritaires.

Le véritable défi congolais : faire vivre les institutions

La RDC dispose pourtant d’une Constitution pluraliste, d’élections, de partis politiques, d’une société civile active et d’un paysage médiatique diversifié.

Le problème se situe donc moins dans l’existence des institutions démocratiques que dans leur fonctionnement effectif.

Les restrictions de certaines manifestations, les arrestations ou poursuites visant des journalistes, activistes et opposants, la faiblesse des contre-pouvoirs ainsi que la persistance de la guerre dans l’Est réduisent l’espace dans lequel le débat démocratique peut pleinement s’exercer.

À l’occasion de cette Journée internationale de la démocratie, le défi pour la RDC apparaît donc clairement : passer d’une démocratie essentiellement institutionnelle et électorale à une démocratie réellement vécue, dans laquelle voter, critiquer les dirigeants, manifester pacifiquement, informer et demander des comptes peuvent s’exercer librement et sans crainte.

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