Le président de la CENCO, l’archevêque métropolitain de Lubumbashi, Monseigneur Fulgence Muteba, hausse le ton face à la recrudescence de l’insécurité dans la capitale du Haut-Katanga. Réagissant au cambriolage violent de la cure de la paroisse Notre-Dame de la Paix, située à la cité Gécamines, le prélat a fermement condamné cette attaque et interpellé les autorités politiques et sécuritaires sur leur responsabilité dans la protection des populations.
Dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026, des individus armés non identifiés ont fait irruption dans la cure paroissiale de Notre-Dame de la Paix, dans la commune de Lubumbashi. Les assaillants ont agressé des prêtres, blessé grièvement le gardien et emporté des sommes d’argent ainsi que plusieurs biens de valeur. Des installations ont également été vandalisées.
Face à cette nouvelle attaque contre une institution religieuse, Mgr Fulgence Muteba n’a pas caché son indignation.
« Je condamne avec la dernière énergie cette agression des ministres de l’Église. C’est vraiment quelque chose d’inacceptable. En même temps, je condamne toute l’insécurité qui règne dans la ville de Lubumbashi. »
L’archevêque estime que la persistance des actes criminels dans la ville traduit une situation préoccupante qui appelle une réponse urgente des pouvoirs publics.
« Ce n’est pas normal. Il y a un État qui doit s’occuper de la population et il n’est plus possible de vivre tranquillement à Lubumbashi. On nous agresse, on nous vandalise et on tire sur nous. »
Une interpellation des autorités sécuritaires
Au-delà de sa condamnation, le responsable de l’Église catholique a adressé un message ferme aux dirigeants politiques, les invitant à assumer pleinement leurs responsabilités. Devant la multiplication des agressions, il a évoqué la possibilité pour les victimes de prendre elles-mêmes des dispositions pour assurer leur protection.
« Je pense qu’il faut que les responsables politiques puissent prendre leurs responsabilités et nous éviter ce genre de désagréments. Nous allons prendre toutes les dispositions pour commencer à nous défendre nous-mêmes. Mais c’est aux responsables de la sécurité à prendre leurs responsabilités. »
Cette déclaration intervient dans un climat d’inquiétude grandissante autour de la sécurité des lieux de culte à Lubumbashi.
Le 5 octobre dernier, la paroisse Marie Notre Secours, située dans le secteur de Don Bosco, avait également été la cible d’une attaque armée. Deux religieux avaient été blessés par balles lors de cette incursion.
En moins d’un mois, deux paroisses catholiques ont ainsi été victimes d’attaques violentes dans la ville, ravivant les interrogations sur l’efficacité des dispositifs de prévention et de lutte contre le banditisme urbain.
La prise de position de Mgr Fulgence Muteba constitue désormais une interpellation directe des autorités provinciales et des services de sécurité, appelés à apporter des réponses concrètes pour garantir la protection des habitants, des responsables religieux et de leurs biens.
L’identité des auteurs du cambriolage de Notre-Dame de la Paix reste à établir.
