La tension politique monte en Zambie. Brian Mundubile, principal adversaire du président Hakainde Hichilema lors de la présidentielle du 13 août, a été placé en garde à vue avec son colistier Makebi Zulu. Les deux responsables de l’opposition sont interrogés dans une affaire présumée de trahison, moins de deux semaines après un scrutin dont Mundubile conteste toujours les résultats.
La police zambienne a confirmé jeudi 27 août que Brian Mundubile et Makebi Zulu étaient détenus après avoir été interrogés « en relation avec un présumé délit de trahison ». Les autorités n’ont toutefois pas rendu publics les faits précis sur lesquels repose cette accusation.
L’affaire intervient dans un climat politique tendu depuis la présidentielle du 13 août. Selon les résultats officiels, le président sortant Hakainde Hichilema a obtenu 2 965 326 voix, contre 1 856 217 voix pour Brian Mundubile, obtenant ainsi un deuxième mandat à la tête du pays.
Mundubile conteste les résultats
Le chef de l’opposition refuse cependant de considérer le processus électoral comme régulier. Peu après l’annonce des résultats, il avait annoncé son intention de saisir la justice.
« Notre campagne a documenté de graves irrégularités et incohérences dans la conduite, le comptage, la transmission et la proclamation des résultats », avait déclaré Brian Mundubile dans un communiqué.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne avait également soulevé certaines préoccupations concernant la transparence du processus de compilation des résultats.
Mais le recours annoncé par l’opposition a rencontré un nouvel obstacle. Le 24 août, dernier jour prévu pour introduire une contestation de l’élection présidentielle, plusieurs juridictions du pays, dont la Cour constitutionnelle, ont été fermées pour des raisons officiellement liées à la sécurité.
Human Rights Watch a dénoncé une fermeture intervenue « sans explication crédible », estimant qu’elle avait empêché l’introduction normale de recours contre les résultats électoraux.
Une crise qui dépasse le contentieux électoral
Les tensions avaient déjà pris une tournure sécuritaire au lendemain du scrutin. Une opération des forces de sécurité menée à Lusaka avait conduit à plusieurs arrestations. L’ancien ministre Mutotwe Kafwaya, membre de l’opposition, avait été tué lors de cette opération.
Amnesty International demande désormais une enquête indépendante, impartiale et transparente sur les circonstances de sa mort.
La détention de Brian Mundubile ouvre ainsi un nouveau chapitre de la crise postélectorale zambienne. Au-delà de la bataille autour des résultats du 13 août, l’affaire place désormais au centre du débat le respect de l’État de droit et le traitement réservé à l’opposition dans ce pays longtemps considéré comme l’une des démocraties relativement stables d’Afrique australe.
