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Journée internationale de l’alphabétisation 2026 : en RDC, le défi reste immense malgré les progrès

Le monde célèbre, ce mardi 8 septembre 2026, le 60e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation. Placée cette année sous le thème «…

Le monde célèbre, ce mardi 8 septembre 2026, le 60e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation. Placée cette année sous le thème « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », cette journée rappelle que savoir lire et écrire demeure un droit fondamental. En République démocratique du Congo, malgré les progrès enregistrés dans l’accès à l’éducation, l’analphabétisme touche encore une part importante de la population, avec de fortes disparités entre hommes et femmes et entre milieux urbains et ruraux.

Proclamée par l’UNESCO en 1966 et célébrée chaque 8 septembre depuis 1967, la Journée internationale de l’alphabétisation constitue cette année un rendez-vous particulier puisqu’elle marque son 60e anniversaire.

Les célébrations mondiales auront lieu les 8 et 9 septembre 2026 au Chiapas, au Mexique, sous l’égide de l’UNESCO et en collaboration avec les autorités mexicaines. Elles seront également marquées par la remise des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO.

739 millions de personnes encore privées des compétences de base

Malgré plusieurs décennies de progrès, le défi reste considérable à l’échelle mondiale. Selon l’UNESCO, au moins 739 millions de jeunes et d’adultes ne possédaient toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture en 2024.

Le taux mondial d’alphabétisation des adultes âgés de 15 ans et plus est toutefois passé d’environ 65 % en 1975 à 88 % en 2024, illustrant les progrès accomplis en un demi-siècle.

Dans le même temps, quatre enfants sur dix dans le monde n’atteignent toujours pas le niveau minimum de compétences en lecture, tandis que 272 millions d’enfants et d’adolescents étaient déscolarisés en 2023.

Pour l’UNESCO, l’alphabétisation ne se limite plus à la capacité de lire et d’écrire. Dans un environnement marqué par la transformation numérique, elle constitue également une porte d’entrée vers l’information, l’emploi, la participation citoyenne et l’exercice de nombreux autres droits.

RDC : près d’un adulte sur trois reste analphabète

En République démocratique du Congo, la situation reste préoccupante.

Les dernières données disponibles de l’Institut de statistique de l’UNESCO, reprises dans les indicateurs de la Banque mondiale, établissent à 68,5 % le taux d’alphabétisation des personnes âgées de 15 ans et plus en RDC en 2023. Autrement dit, environ 31,5 % de la population adulte correspondante ne maîtrisait pas encore les compétences élémentaires de lecture et d’écriture selon cet indicateur.

Ces moyennes nationales cachent surtout d’importantes inégalités.

L’Enquête démographique et de santé 2023-2024 de la RDC révèle ainsi que, parmi les personnes âgées de 15 à 49 ans, 86 % des hommes étaient alphabétisés contre seulement 59 % des femmes. L’enquête montre également que l’absence d’instruction demeure nettement plus importante dans les zones rurales.

Le contraste entre les sexes constitue donc l’un des principaux défis de la politique d’alphabétisation en RDC. L’accès plus difficile des filles à une scolarité continue, les mariages et grossesses précoces, la pauvreté des ménages ainsi que certaines inégalités territoriales peuvent notamment fragiliser la poursuite des études.

L’école, première barrière contre l’analphabétisme

La lutte contre l’analphabétisme passe aussi par le maintien des enfants dans le système scolaire.

Selon l’UNICEF, 7,6 millions d’enfants congolais âgés de 5 à 17 ans restent en dehors de l’école, malgré les avancées réalisées dans l’accès à l’enseignement primaire.

À cette situation structurelle s’ajoutent les conséquences des conflits armés dans l’est de la RDC.

En février 2025, l’UNICEF estimait que plus de 1,6 million d’enfants étaient déscolarisés dans les provinces affectées de l’est du pays, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, en raison des violences, déplacements de populations, fermetures et destructions d’écoles.

En Ituri seulement, la situation s’était encore aggravée en mai 2025 : plus de 1,3 million d’enfants étaient alors hors de l’école, après la destruction ou l’endommagement de centaines d’établissements scolaires.

Ces interruptions prolongées de la scolarité font peser un risque supplémentaire d’analphabétisme sur une nouvelle génération d’enfants.

Au-delà de savoir lire et écrire

À l’heure où les démarches administratives, les services bancaires, l’accès à l’emploi et une part croissante de l’information passent par les téléphones et Internet, la question de l’alphabétisation prend également une nouvelle dimension en RDC.

Savoir lire un message, comprendre une information administrative, remplir un formulaire, utiliser correctement un téléphone ou identifier une fausse information deviennent progressivement des compétences indispensables à la vie quotidienne.

Le thème retenu en 2026, « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », insiste précisément sur cette dimension : l’alphabétisation doit permettre aux populations non seulement d’accéder au savoir, mais également de participer davantage à la vie économique, sociale et citoyenne.

Pour la RDC, le défi consiste donc à poursuivre l’élargissement de l’accès à l’école tout en renforçant les programmes destinés aux adultes analphabètes, aux femmes, aux populations rurales, aux jeunes déscolarisés et aux communautés affectées par les conflits.

Soixante ans après l’institution de la Journée internationale de l’alphabétisation, savoir lire et écrire demeure ainsi, pour des millions de Congolais, bien plus qu’une compétence scolaire : c’est une condition essentielle pour accéder pleinement à l’information, à l’emploi, aux services publics et à la citoyenneté.

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