À l’occasion de la Journée mondiale de l’habitat, célébrée le lundi 5 octobre 2026 sous le thème « Un logement adéquat pour tous », les Nations Unies appellent à renforcer les politiques permettant aux populations, particulièrement les plus vulnérables, d’accéder à un logement digne. En République démocratique du Congo, cet appel résonne dans un contexte marqué par une urbanisation rapide, l’extension des quartiers informels et un accès encore insuffisant aux services urbains de base.
Dans le monde, plus de 3 milliards de personnes n’ont pas accès à un logement convenable et plus de 1,1 milliard vivent dans des quartiers informels ou des bidonvilles, selon les Nations Unies. La Journée mondiale de l’habitat 2026 veut notamment attirer l’attention sur la sécurité foncière, l’aménagement des quartiers, l’accès des ménages à faibles revenus au logement et la nécessité de construire des villes plus résilientes face au changement climatique.
La célébration mondiale se tiendra du 5 au 8 octobre à Mascate, dans le Sultanat d’Oman. Gouvernements, collectivités, communautés et partenaires au développement doivent y réfléchir aux solutions permettant de replacer le logement au centre des politiques urbaines.
En RDC, une urbanisation plus rapide que les infrastructures
En République démocratique du Congo, le défi est particulièrement important. La croissance rapide des grandes villes comme Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi, Goma, Bukavu ou encore Mbuji-Mayi s’accompagne depuis plusieurs années d’une forte extension des zones périurbaines, souvent plus rapide que l’installation des routes, réseaux d’eau, systèmes d’assainissement, électricité et autres services collectifs.
ONU-Habitat relevait déjà un taux de croissance annuelle de la population urbaine supérieur à 4 % en RDC. La Banque mondiale a également constaté que l’urbanisation congolaise s’est développée à un rythme particulièrement soutenu, alors que les investissements dans les infrastructures et les services n’ont pas toujours suivi cette croissance.
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À Kinshasa notamment, une étude de la Banque mondiale basée sur des données de 2018 avait mis en évidence des logements de qualité insuffisante et d’importantes disparités dans l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux autres infrastructures de base. Ces difficultés illustrent un problème qui dépasse la seule construction d’une maison : disposer d’un logement adéquat suppose également un environnement sûr, accessible et correctement desservi.
Pression foncière et quartiers informels
La question foncière reste également au centre du problème. Dans plusieurs villes congolaises, l’expansion de l’habitat s’effectue parfois sur des terrains insuffisamment aménagés, exposés aux inondations, aux érosions ou dépourvus d’infrastructures collectives.
La RDC a engagé récemment plusieurs réformes dans ce domaine. Une nouvelle loi foncière, modifiant la législation de 1973, a été promulguée à la fin de 2025 afin notamment d’adapter le cadre juridique aux réalités démographiques, économiques et urbaines actuelles.
Le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat travaille également à la révision du Code de l’urbanisme et de la construction. Le 1er octobre 2026, le ministre d’État Alexis Gisaro a indiqué que le nouveau texte avait été finalisé au niveau de son cabinet avant la poursuite de son parcours institutionnel. Le gouvernement évoque notamment la pression foncière, la croissance démographique et le déficit d’infrastructures urbaines parmi les réalités auxquelles cette réforme doit répondre.
Mieux connaître la population pour mieux planifier l’habitat
La Journée mondiale de l’habitat intervient aussi alors que la RDC prépare son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, RGPH2, plus de quatre décennies après celui de 1984.
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En mars 2026, la Présidence de la République estimait la population congolaise à près de 112,8 millions d’habitants et soulignait la nécessité de disposer de nouvelles données démographiques pour mieux planifier les politiques publiques. La cartographie censitaire du RGPH2 est actuellement en cours.
Ces données devraient notamment permettre de mieux mesurer les besoins réels en logements et en infrastructures dans les différentes provinces et agglomérations du pays.
Le logement, au-delà de quatre murs
Pour la RDC, le thème « Un logement adéquat pour tous » pose donc une question beaucoup plus large que celle de la construction de nouvelles maisons. Il interpelle sur l’aménagement des villes, la sécurisation foncière, le coût du logement, l’accès à l’eau et à l’électricité, l’assainissement, les voies de communication et la protection des populations contre les risques climatiques.
La Banque mondiale considère d’ailleurs la mauvaise qualité de l’habitat, le faible accès à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement parmi les facteurs qui aggravent la vulnérabilité des populations congolaises face aux changements climatiques.
Alors que les Nations Unies rappellent que le logement constitue un droit fondamental et l’un des piliers de l’Objectif de développement durable 11 consacré aux villes et communautés durables, le défi pour la RDC reste celui de transformer une urbanisation rapide en villes mieux planifiées, plus sûres et capables d’offrir progressivement un cadre de vie digne à tous.
