La situation sécuritaire dans le Haut-Katanga suscite de vives inquiétudes. Dans son bulletin spécial n°014 d’octobre 2026, publié le mardi 20 octobre, le Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga tire la sonnette d’alarme sur la multiplication des actes criminels à Lubumbashi, Likasi et Kasumbalesa. L’organisation dénonce une gouvernance sécuritaire insuffisamment préventive et appelle les autorités nationales et provinciales à prendre des mesures urgentes.
Intitulé « Octobre sombre : Lubumbashi, Kasumbalesa et Likasi deviennent non maîtrisables », ce bulletin de la Gouvernance Sécuritaire et Paix (GSP) dresse un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans les trois villes du Haut-Katanga, particulièrement durant la période allant du 1er au 18 octobre 2026.
Selon la société civile, plusieurs quartiers de Lubumbashi connaissent des crépitements répétés de balles pendant la nuit, notamment à Cadastre, Bel-Air, Bongonga et Kawama. Le document fait également état d’une augmentation des cas de morts par balles et de blessés, ainsi que de la multiplication des cambriolages perpétrés par des groupes de malfaiteurs armés de machettes.
Ces bandes criminelles, parfois composées d’une trentaine d’individus, opéreraient dans plusieurs quartiers, sans être maîtrisées par les forces de sécurité. La société civile affirme que les victimes de cette insécurité se retrouvent dans différentes catégories sociales et professionnelles, notamment parmi les civils, policiers, magistrats, militaires et responsables administratifs.
Kasungami : des violences dénoncées par la société civile
Parmi les incidents rapportés figure celui du 14 octobre 2026 à Kasungami. Selon le bulletin, une attaque aurait touché 50 habitations, tandis que six enfants auraient été victimes de viols devant leurs parents. La société civile affirme que certains membres du groupe impliqué portaient des tenues des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
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Le document attribue également 50 % de la criminalité à des individus en uniforme et armés, selon les analyses évoquées par l’organisation.
Par ailleurs, la GSP dénonce la surpopulation carcérale, le manque d’approvisionnement des établissements pénitentiaires et l’insuffisance de kits médicaux. Elle estime que certaines libérations précipitées favorisent la récidive.
Une gouvernance sécuritaire jugée insuffisamment préventive
Dans son analyse, le Cadre de Concertation rappelle avoir précédemment alerté les autorités sur la militarisation des jeunes et les déplacements non contrôlés de certaines personnes.
L’organisation considère que la situation actuelle résulte notamment de l’insuffisance des mesures préventives et de la progression de la délinquance dans différentes couches sociales.
Face à cette situation, elle demande à la Présidence de la République et au Conseil national de sécurité d’assurer le suivi des engagements du chef de l’État concernant le rétablissement de la sécurité. Elle sollicite également un audit urgent sur la militarisation des jeunes et le fonctionnement du commandement chargé du maintien de l’ordre public.
Des mesures urgentes réclamées aux autorités
Au niveau provincial, la société civile recommande la convocation immédiate d’un Conseil de sécurité élargi à ses représentants afin d’examiner les facteurs de la montée de l’insécurité.
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Elle réclame également la présentation d’un bilan des personnes tuées, blessées et victimes de violences sexuelles durant le mois d’octobre, ainsi que leur prise en charge par l’État.
À la Police nationale congolaise, elle demande un redéploiement des patrouilles nocturnes dans les quartiers sensibles de Lubumbashi, notamment Cadastre, Bel-Air, Bongonga, Kawama 3, Don Bosco, Kalebuka et Luano 1. À Likasi, les quartiers Kikula et Shituru figurent parmi les zones concernées.
La GSP préconise aussi l’organisation de contre-patrouilles pour prévenir les dérapages des agents en service, l’interdiction du port de cagoules pendant les missions et un meilleur contrôle des délais d’intervention après les appels d’alerte.
Concernant les FARDC, elle demande à la 22e Région militaire et à la deuxième Zone de défense d’identifier et de sanctionner les personnes portant des tenues militaires impliquées dans des cambriolages. Elle recommande également d’interdire les déplacements avec des armes sans ordre de mission.
Enfin, le Cadre de Concertation invite les organisations de la société civile à renforcer les mécanismes communautaires d’alerte précoce. Il appelle également les partis politiques membres de l’Union sacrée à mettre fin à toute instrumentalisation des jeunes dans des milices politiques.
Dans sa conclusion, l’organisation lance un appel à la mobilisation collective pour le rétablissement de l’ordre public.
« Octobre ne doit pas devenir une cimetière. »
Le bulletin a été publié à Lubumbashi le 20 octobre 2026 par le Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga, à travers son équipe provinciale de Gouvernance Sécuritaire et Paix.
