Deux jours après les élections générales du 13 août 2026, la Zambie attend toujours les résultats définitifs. Le président sortant Hakainde Hichilema devance son principal adversaire, Brian Mundubile, dans les premières circonscriptions officiellement comptabilisées. Cette avance demeure cependant trop partielle pour déterminer l’issue du scrutin.
La Commission électorale de Zambie (ECZ) a commencé à publier les premiers résultats officiels de l’élection présidentielle organisée jeudi 13 août. Selon la première série annoncée, portant sur seulement quatre circonscriptions sur les 226 que compte désormais le pays, Hakainde Hichilema arrive en tête avec 22 476 voix, soit environ 60,3 %, contre 14 388 voix, soit 38,6 %, pour Brian Mundubile.
Le président sortant se présente sous les couleurs du Parti uni pour le développement national (UPND), tandis que Brian Mundubile, soutenu par l’alliance d’opposition Tonse, concourt sur la liste du National Reconciliation Party for Unity and Progress (NRPUP).
Une avance encore très partielle
Dans la circonscription de Chisamba, Hakainde Hichilema a obtenu 6 568 voix contre 3 180 pour Brian Mundubile. À Kundabwika, le président sortant a recueilli 4 160 suffrages, contre 3 180 pour son principal concurrent.
Hichilema s’est également largement imposé à Dongwe avec 6 848 voix, tandis que Mundubile n’y a obtenu que 143 suffrages. En revanche, le candidat de l’opposition a remporté la circonscription de Feira avec 7 885 voix, contre 4 900 pour le chef de l’État sortant. Les résultats détaillés ont été publiés après leur annonce par l’ECZ.
Ces résultats ne représentent toutefois qu’environ 1,8 % des circonscriptions. Ils ne permettent donc pas encore d’établir une tendance nationale solide, d’autant plus que plusieurs provinces très peuplées et politiquement stratégiques n’ont pas encore été intégrées au décompte présidentiel.
La Zambie compte 8 786 300 électeurs inscrits et 14 candidats à la présidentielle. Le portail officiel des résultats de l’ECZ connaît par ailleurs un retard de mise à jour, alors que les résultats continuent d’être vérifiés et annoncés progressivement.
Un dépouillement perturbé par des violences
Le processus électoral a connu une brusque montée de tension vendredi 14 août. L’ECZ avait temporairement suspendu le dépouillement et l’annonce des résultats après des attaques contre certains agents électoraux ainsi que le vol de bulletins déjà marqués.
La suspension a été levée quelques heures plus tard, après le renforcement de la sécurité autour des centres de dépouillement et du centre national des résultats à Lusaka. La présidente de l’ECZ, Mwangala Zaloumis, a indiqué que la menace contre le processus électoral avait été maîtrisée, sans toutefois préciser immédiatement si les bulletins volés pourraient avoir une incidence sur les résultats définitifs ont indiqué nos confres de Reuters
La police zambienne a également annoncé la mort d’un responsable d’un parti politique dans un bureau de vote. Neuf personnes ont été arrêtées en lien avec cet incident. Des policiers antiémeutes et des militaires ont été déployés dans plusieurs secteurs de Lusaka, mais aucune agitation généralisée n’a été signalée. Associated Press
Mundubile revendique la victoire
Avant même la publication d’un décompte national, Brian Mundubile a affirmé que les données recueillies par son organisation dans les bureaux de vote indiquaient une victoire de l’opposition. Il a demandé à la Commission électorale d’accélérer l’annonce des résultats et dénoncé les retards enregistrés dans le processus.
Cette déclaration n’est cependant accompagnée d’aucun décompte national vérifié de manière indépendante. L’ECZ a rappelé que seuls ses responsables disposent du pouvoir légal de proclamer les résultats et que toute déclaration prématurée de victoire constitue une infraction électorale.
Hakainde Hichilema s’est montré plus prudent. Tout en affirmant recevoir des résultats encourageants, il a appelé ses partisans à rester calmes, patients et à attendre la proclamation officielle.
Une bataille serrée pour le Parlement
Parallèlement à la présidentielle, les Zambiens ont élu leurs députés, maires, présidents de conseils locaux et conseillers municipaux. Les premières déclarations effectuées dans les centres locaux de compilation indiquent que le NRPUP réalise des gains importants dans la province minière de la Copperbelt.
Plusieurs circonscriptions de Kitwe, Ndola et Chingola seraient passées entre les mains de l’opposition. L’UPND conserve toutefois des positions solides dans le Sud du pays et remporte également des sièges dans d’autres provinces. Des candidats indépendants et de petites formations politiques ont également créé des surprises.
Ces résultats parlementaires restent néanmoins en cours de vérification. Aucun décompte national consolidé et suffisamment fiable des sièges remportés par chaque formation politique n’a encore été publié.
Un référendum sur le bilan économique de Hichilema
Cette élection est largement considérée comme un référendum sur les cinq années de pouvoir de Hakainde Hichilema. Élu en 2021, il avait hérité d’un pays en défaut de paiement sur sa dette extérieure. Son gouvernement met en avant la restructuration de la dette, le retour des investissements et la stabilisation de plusieurs indicateurs économiques.
Toutefois, une grande partie de la population continue de subir le chômage, la pauvreté et le coût élevé des produits alimentaires et de l’énergie. Brian Mundubile a placé ces difficultés sociales au centre de sa campagne, promettant une meilleure redistribution des revenus provenant notamment du cuivre.
La Zambie, l’un des principaux producteurs africains de cuivre, occupe une position stratégique dans la compétition mondiale autour des minerais critiques. L’issue des élections est donc suivie de près par la Chine, les États-Unis et les grandes entreprises minières internationales.
Résultats définitifs attendus lundi
La Commission électorale prévoit d’annoncer les résultats définitifs de la présidentielle lundi 17 août 2026, sous réserve de l’achèvement de la vérification des procès-verbaux provenant des 226 circonscriptions.
Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages valablement exprimés. Si aucun des 14 candidats n’atteint ce seuil, un second tour devra opposer les deux premiers dans un délai maximal de 37 jours. IFES
À ce stade, Hakainde Hichilema dispose donc d’une première avance officielle, mais l’essentiel des résultats reste à annoncer. L’évolution du dépouillement, la transparence de la vérification et la capacité des principaux candidats à contenir leurs partisans seront déterminantes pour préserver la stabilité politique de la Zambie.
