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Journée internationale des langues des signes 2026 : en RDC, l’accessibilité reste un défi

Chaque 23 septembre, le monde célèbre la Journée internationale des langues des signes. En 2026, cette commémoration est placée sous le thème « Affirmer…

Chaque 23 septembre, le monde célèbre la Journée internationale des langues des signes. En 2026, cette commémoration est placée sous le thème « Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes », avec un appel à garantir leur accès effectif à l’éducation, à l’information, à la santé, à la justice et à la vie sociale.

Selon les Nations Unies, plus de 70 millions de personnes sourdes vivent dans le monde, dont plus de 80 % dans les pays en développement. Elles utilisent collectivement plus de 300 langues des signes. Ces langues sont reconnues comme des langues naturelles à part entière et non comme de simples systèmes de gestes.

L’année 2026 marque également deux anniversaires : les 75 ans de la Fédération mondiale des sourds et les 20 ans de l’adoption de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. La RDC a adhéré à cette Convention en septembre 2015.

En RDC, un cadre juridique déjà établi

La République démocratique du Congo a progressivement renforcé son arsenal juridique. La loi organique n° 22/003 du 3 mai 2022 reconnaît notamment le droit des personnes avec handicap à une communication adaptée et à l’accès à l’information publique. Elle reconnaît également le rôle des interprètes en langue des signes.

L’article 44 va plus loin en prévoyant notamment la reconnaissance du langage des signes comme une langue nationale.

Toutefois, la Constitution congolaise continue actuellement de reconnaître quatre langues nationales : le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba, tandis que le français demeure la langue officielle. La langue des signes congolaise n’y est donc pas encore inscrite formellement comme cinquième langue nationale. En 2026, cette modification figurait encore parmi les propositions portées par des représentants des personnes avec handicap.

Des avancées, mais aussi des obstacles

Plusieurs progrès ont néanmoins été enregistrés. Un processus d’harmonisation de la langue des signes congolaise a été engagé à partir de 2021 et le premier dictionnaire de la langue des signes congolaise a été officiellement présenté en 2023. Le Plan national stratégique de développement mentionne également l’Académie de développement continu de la langue des signes et de l’écriture braille.

La CENI a, de son côté, développé un glossaire électoral en langue des signes congolaise comprenant 385 termes afin de faciliter l’accès des personnes sourdes au processus électoral.

Mais les difficultés restent importantes. Les documents officiels congolais reconnaissent notamment l’absence d’une cartographie complète des personnes avec handicap et l’insuffisance des ressources. Des organisations de personnes sourdes signalent également un manque d’interprètes qualifiés et des difficultés d’accès aux médias, aux établissements scolaires, aux services publics et aux soins de santé.

La Journée internationale des langues des signes rappelle ainsi que l’enjeu dépasse la reconnaissance symbolique d’une langue. Pour les personnes sourdes, pouvoir communiquer, étudier, recevoir des soins, accéder à l’information et participer pleinement à la société dans leur langue constitue avant tout une question de droits fondamentaux.

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