Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux suscite une vive indignation en République démocratique du Congo. Les images montrent une jeune fille présentée comme mineure, dénudée et filmée au cours de ce qui serait une intervention de policiers à Kolwezi, dans la province du Lualaba. La diffusion de ces images relance le débat sur la protection des mineurs, la dignité des victimes présumées et la formation des agents de la Police nationale congolaise.
Selon les commentaires accompagnant la séquence largement partagée sur les réseaux sociaux, la jeune fille aurait été retrouvée dans un véhicule en compagnie d’un homme adulte, dans des circonstances présentées comme étant de nature sexuelle.
Mais au lieu de préserver son identité et sa dignité, des personnes présentées comme des éléments de la police auraient filmé la jeune fille alors qu’elle était dénudée. Les images se sont ensuite retrouvées sur les réseaux sociaux, où elles sont désormais massivement partagées.
L’origine exacte de la publication de la vidéo, l’identité des personnes ayant procédé à l’enregistrement ainsi que l’âge de la jeune fille doivent toutefois encore être établis officiellement.
Une protection particulière pour les mineurs
La législation congolaise accorde une protection renforcée aux enfants. La Constitution de la RDC considère comme enfant mineur toute personne âgée de moins de 18 ans et impose aux pouvoirs publics de protéger les enfants contre les abus sexuels et toutes les formes de violence.
La loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant sanctionne également plusieurs formes d’exploitation et d’exposition sexuelle des mineurs. Elle réprime notamment la production, la diffusion ou la mise à disposition de matériels mettant sexuellement en scène un enfant.
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Si la minorité de la jeune fille et les faits sexuels rapportés dans la vidéo sont confirmés par les autorités compétentes, la situation devrait donc être examinée sous l’angle de la législation relative à la protection de l’enfant et aux violences sexuelles, indépendamment des commentaires ou jugements portés sur le comportement de la victime présumée.
La législation congolaise sur les violences sexuelles insiste par ailleurs sur la sauvegarde de la dignité, de la sécurité, du bien-être psychologique et de la vie privée des victimes.
La police au centre des critiques
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes dénoncent particulièrement l’attitude attribuée aux policiers. Même lorsqu’une intervention porte sur une infraction présumée, la mission des forces de l’ordre ne saurait justifier l’exposition publique d’une personne vulnérable, encore moins lorsqu’il pourrait s’agir d’une enfant.
L’affaire remet ainsi sur la table la question de la formation des policiers aux droits humains, à la protection de l’enfance et à la prise en charge des victimes présumées de violences sexuelles.
L’indignation est d’autant plus forte que la diffusion de telles images peut prolonger le traumatisme de la victime : une fois publiées sur les réseaux sociaux, elles peuvent être copiées et rediffusées pendant des années.
Plusieurs voix appellent désormais les autorités provinciales du Lualaba ainsi que les responsables de la Police nationale congolaise à identifier les agents éventuellement impliqués, à déterminer qui a enregistré et diffusé les images et, si des violations de la loi sont établies, à appliquer les sanctions prévues.
Au-delà d’éventuelles sanctions disciplinaires, une enquête judiciaire apparaît indispensable pour établir les circonstances exactes des faits, déterminer l’âge de la jeune fille et examiner également la responsabilité de l’homme adulte retrouvé avec elle.
Dans l’intérêt de la victime présumée, les internautes sont également appelés à ne plus partager la vidéo, même pour dénoncer les faits. Chaque nouvelle diffusion contribue à exposer davantage son identité et son intimité.
Cette affaire, si les circonstances rapportées sont confirmées, pose finalement une question fondamentale : comment une personne que les services de sécurité devraient protéger peut-elle se retrouver publiquement exposée par ceux-là mêmes qui sont chargés de faire respecter la loi ?
pour l’instant, aucune reaction des autorités civiles ou policiere n’a ete signalé.
