Le président national de l’Alliance Nationale des Fédéralistes Kyunguistes (ANAFEK), Lawrence Lolo Kyungu Kibwe, s’est exprimé sur l’opportunité d’un dialogue intercongolais inclusif lors d’une interview accordée à Radio Okapi. Pour le leader kyunguiste, le dialogue est un exercice permanent sous le régime du président Félix-Antoine Tshisekedi, mais il ne peut en aucun cas être assimilé à un mécanisme de partage du pouvoir.
D’entrée de jeu, Lolo Kyungu Kibwe nuance le débat. Selon lui, parler aujourd’hui d’un nouveau dialogue nécessite d’abord de préciser sa nature et ses objectifs.
« Le dialogue, pour nous, est quelque chose qui doit être permanent. Sous le régime de Félix-Antoine Tshisekedi, le dialogue a toujours existé. Il y a eu l’ouverture aux forces politiques et sociopolitiques qui a donné naissance à l’Union sacrée, puis un autre appel récent du chef de l’État pour l’unité nationale », rappelle-t-il.
Une seule crise : la situation sécuritaire à l’Est
Pour le président de l’ANAFEK, la RDC ne traverse pas une crise institutionnelle ou politique justifiant un dialogue de type transactionnel.
« La seule crise que nous avons aujourd’hui, c’est la crise sécuritaire à l’Est. Nous sommes attaqués par un pays étranger. C’est autour de cette problématique que les fils et filles du pays doivent se mettre autour d’une table », insiste-t-il.
Il plaide pour un dialogue de responsabilité nationale, rassemblant le pouvoir, l’opposition et la société civile afin d’harmoniser les stratégies face à cette menace commune.
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À titre d’illustration, Lolo Kyungu évoque l’exemple des États-Unis, où majorité et opposition s’accordent sur des décisions stratégiques en matière de sécurité nationale, tout en conservant leurs rôles politiques respectifs.
« L’opposition peut rester opposition, la société civile rester société civile, et le pouvoir gouverner. Mais face à un ennemi commun, on doit se parler pour la patrie », soutient-il.
Aucun dialogue de partage du pouvoir
Interrogé sur les craintes d’un dialogue débouchant sur un partage des postes, Lolo Kyungu est catégorique.
« Il n’y a pas de crise politique aujourd’hui. Le président Félix Tshisekedi exerce un mandat constitutionnel et légal. Il n’est pas question de dialogue de partage de pouvoir », tranche-t-il.
Il rappelle que les précédents dialogues ayant conduit à des arrangements politiques tels que Sun City ou les accords de la Saint-Sylvestre répondaient à des crises internes majeures, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Selon lui, toute hypothèse de recomposition politique ne pourrait se poser qu’en cas d’impossibilité d’organiser les élections à l’échéance constitutionnelle de 2028.
Accords de Washington : la nécessité de la transparence
Abordant les récents accords signés à Washington entre la RDC et ses partenaires, Lolo Kyungu Kibwe estime qu’ils doivent être clairement expliqués à la population et aux forces politiques.
« Le gouvernement a la responsabilité de vulgariser les accords et les projets en cours. Les institutions, y compris le Parlement où siègent aussi des opposants, doivent être informées. C’est cela qui doit nourrir un dialogue de compréhension nationale », affirme-t-il.
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Il met en garde contre les rumeurs de « bradage des ressources » et appelle à une communication claire et responsable des autorités.
Appel à une opposition constructive
En conclusion, le président de l’ANAFEK invite l’opposition et la société civile à jouer pleinement leur rôle républicain.
« Nous demandons à l’opposition d’être un vecteur critique positif du pouvoir. Critiquer, proposer, corriger quand il le faut. Mais prendre les armes ou s’aligner contre la patrie devient un problème », avertit-il.
Pour Lolo Kyungu Kibwe, le dialogue à privilégier est celui de la cohésion nationale, orienté vers la défense de la souveraineté, la sécurité et l’intérêt supérieur de la nation — et non vers des calculs politiques.
