La Haute Autorité de la communication de Guinée a interdit, jeudi 17 septembre 2026, la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure, applicable à tous les supports, fait suite à l’utilisation de l’expression « président putschiste » pour désigner le président Mamadi Doumbouya.
La chaîne internationale France 24 n’est plus autorisée à émettre en Guinée. Dans sa décision rendue publique jeudi, la Haute Autorité de la communication, HAC, ordonne l’arrêt immédiat de sa diffusion par satellite, câble, applications mobiles, sites Internet et réseaux sociaux.
« La chaîne de télévision internationale France 24 est interdite de diffusion, avec effet immédiat, sur toute l’étendue du territoire de la République de Guinée, par tout vecteur technique », indique la décision de la HAC.
L’autorisation de diffusion de France 24 a également été révoquée. Les accréditations accordées à ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs en Guinée ont été retirées avec effet immédiat.
La HAC demande par ailleurs à Canal+ Guinée de couper le signal de la chaîne. L’Autorité de régulation des postes et télécommunications, ARPT, est chargée de bloquer l’accès à son site Internet, à ses applications et à ses flux de diffusion en ligne.
L’expression « président putschiste » à l’origine de la sanction
La décision fait suite à un sujet de France 24 consacré à une visite de Mamadi Doumbouya en Côte d’Ivoire. Au cours de cette diffusion, le dirigeant guinéen a été présenté comme un « président putschiste ».
Mamadi Doumbouya avait pris le pouvoir à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021 contre Alpha Condé. Il a ensuite été élu président de la République en décembre 2025.
Le 16 septembre, la HAC avait mis France 24 en demeure de cesser d’utiliser cette expression et de procéder aux rectifications éditoriales nécessaires sur ses différentes plateformes.
Selon le régulateur guinéen, la direction de la chaîne aurait opposé un « refus manifeste, délibéré et caractérisé » à l’application de cette mise en demeure. La HAC considère ce comportement comme un défi à l’autorité de régulation et une atteinte à la dignité du chef de l’État.
France 24 évoque une erreur et présente ses excuses
France 24 affirme avoir présenté ses excuses. Sur YouTube, la description accompagnant la vidéo concernée reconnaît également que Mamadi Doumbouya avait été qualifié « par erreur » de président putschiste.
Cette rectification n’a cependant pas empêché la HAC de prononcer l’interdiction. Aucune durée n’étant indiquée dans la décision, la suspension reste applicable jusqu’à une éventuelle nouvelle mesure du régulateur guinéen.
Cette affaire intervient dans un environnement médiatique déjà tendu en Guinée. En mai 2024, les autorités avaient retiré les licences de plusieurs radios et télévisions privées, notamment Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM.
