La crise politique née de la présidentielle du 13 août 2026 prend une dimension internationale accrue. Le Parlement européen s’est saisi de la situation postélectorale et de la mort de l’ancien ministre Mutotwe Kafwaya, tandis qu’en Zambie le gouvernement rejette les accusations d’effondrement de l’État de droit. Brian Mundubile reste, pour sa part, au cœur de la confrontation politique et judiciaire.
Le Parlement européen se saisit de la crise
Le Parlement européen a voté le 17 septembre sur une résolution intitulée « Répression postélectorale en Zambie et meurtre de Mutotwe Kafwaya ».
La procédure européenne porte notamment sur les arrestations et détentions intervenues après les élections générales du 13 août ainsi que sur les circonstances de la mort de Mutotwe Kafwaya, tué le 14 août lors d’une opération sécuritaire menée dans une propriété liée à Brian Mundubile.
Michael McNamara, qui avait dirigé la mission d’observation électorale de l’Union européenne en Zambie, a appelé à une enquête rapide et transparente sur la mort de Kafwaya. Il a également demandé des procédures rapides et transparentes concernant les personnes poursuivies pour trahison ainsi qu’un accès effectif de celles-ci à leurs avocats.
La pression internationale s’accentue
Cette initiative européenne intervient alors que sept organisations internationales et régionales de juristes ont également exprimé leurs préoccupations concernant la période postélectorale.
Ces organisations demandent notamment une enquête indépendante sur la mort de Kafwaya, un examen de la fermeture des juridictions pendant la période de contestation électorale, des garanties pour les avocats et la publication d’informations sur les personnes détenues en lien avec les événements postélectoraux.
Elles demandent également que soit examinée la question du délai de dépôt des contestations électorales pendant la période où les juridictions étaient fermées.
Le gouvernement rejette les accusations
L’exécutif zambien conteste cependant la description d’un pays plongé dans une crise constitutionnelle.
L’Attorney General Mulilo Kabesha a rejeté les accusations formulées par plusieurs organisations de la société civile, estimant qu’elles ne reposent pas sur des faits suffisamment établis.
Selon lui, la Zambie demeure une démocratie constitutionnelle dans laquelle les institutions et les responsables publics restent soumis à la Constitution.
Le gouvernement défend également l’annulation des passeports de six personnalités critiques, affirmant que cette mesure est prévue par la législation zambienne et que les personnes concernées disposent de voies de recours.
Mundubile toujours au cœur de la confrontation
Brian Mundubile reste l’une des principales figures de cette crise.
L’ancien candidat à la présidentielle et son colistier Makebi Zulu font face à des accusations de trahison et de pratiques séditieuses. Leur détention ainsi que celle d’autres personnes arrêtées après le scrutin ont alimenté les critiques de l’opposition, de la société civile et de plusieurs organisations internationales.
Leur défense conteste notamment la durée et les conditions de leur détention.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a toutefois annulé les poursuites contre Mundubile ni remis en cause le résultat officiel de la présidentielle.
Une crise désormais politique, judiciaire et internationale
Plus d’un mois après la présidentielle, les conséquences politiques, judiciaires et sécuritaires du scrutin continuent donc d’alimenter les tensions en Zambie.
L’intervention du Parlement européen et les prises de position d’organisations internationales de juristes donnent désormais à cette confrontation une dimension extérieure plus importante.
Les prochaines décisions de la justice concernant Brian Mundubile et les autres détenus, ainsi que les réponses des autorités zambiennes aux demandes d’enquêtes indépendantes, seront particulièrement suivies.
