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Kinshasa : le train urbain reprend du service entre l’aéroport de N’djili et la Gare centrale

Après plusieurs mois d’interruption, le trafic du train urbain a progressivement repris mercredi entre l’aéroport international de N’djili et la Gare centrale de Kinshasa.…

Après plusieurs mois d’interruption, le trafic du train urbain a progressivement repris mercredi entre l’aéroport international de N’djili et la Gare centrale de Kinshasa. Une relance accueillie avec satisfaction par de nombreux passagers, même si la question du prix des billets suscite déjà des critiques.

Cette reprise du trafic ferroviaire intervient dans un contexte marqué par les difficultés persistantes de mobilité dans la capitale congolaise. Elle vise notamment à offrir une alternative aux habitants de la partie Est de Kinshasa, régulièrement confrontés aux embouteillages sur le boulevard Lumumba et les principaux axes menant vers le centre-ville.

Jeudi matin, dès 6 heures, plusieurs voyageurs s’étaient déjà rassemblés à la gare de Tshuenge, dans le quartier Siforco à Masina, pour emprunter le train en direction de la Gare centrale. L’embarquement s’est déroulé dans l’ordre, sous la supervision des agents chargés de la sécurité et du contrôle.

À bord, plusieurs catégories de places sont proposées, avec des tarifs variant selon le niveau de confort. Les billets sont notamment vendus à 2 000, 3 000 et 5 000 francs congolais sur le trajet reliant la Gare centrale à l’aéroport international de N’djili.

Une alternative aux embouteillages

Parmi les passagers rencontrés, Jérémie Mankondo, habitant de Masina, avait décidé de tester personnellement le train après avoir appris la reprise du trafic.

« J’ai appris que le train fonctionne. Je voulais moi-même l’expérimenter. Au lieu de prendre le bus de service, j’ai préféré prendre le train pour voir si effectivement ça fonctionne. J’ai payé mon billet calmement, je suis assis à la place VIP, j’ai payé 5 000 francs et je suis en route pour le travail », témoigne-t-il.

Pour d’autres passagers, cette reprise représente également une nouvelle expérience. Bety Mbangala, qui empruntait un train pour la première fois, s’est dite satisfaite des conditions de voyage.

« Je suis très contente car c’est la première fois que je suis à bord d’un train. Le siège est confortable, j’ai même déposé mon sac sur le siège, il n’y a pas de bousculade », explique-t-elle.

Louison Lialila estime également que le train peut constituer une réponse aux difficultés quotidiennes de déplacement à Kinshasa.

« C’est vraiment pour nous une solution pour nous éloigner des embouteillages au niveau des routes et du coût élevé du transport dans la ville de Kinshasa. Le train vient essayer d’alléger cela », affirme-t-il.

Le prix des billets divise les passagers

Malgré l’accueil favorable réservé au retour du train, les nouveaux tarifs ne font pas l’unanimité.

Gédéon Mutumosi estime notamment que le coût du billet réduit l’avantage économique du transport ferroviaire pour les habitants éloignés des gares, qui doivent parfois ajouter le prix d’une course en moto pour rejoindre le train.

« Le train était à 500 francs, mais maintenant le prix est monté jusqu’à 2 000 francs. Certaines personnes parcourent de longs trajets jusqu’à Siforco et doivent payer des motos. Lorsqu’on fixe le prix du train à 2 000, 3 000, 4 000 ou 5 000 francs congolais, on ne trouve pas vraiment de différence avec le bus. Sur ce point-là, nous ne sommes pas encore satisfaits », déplore-t-il.

De son côté, Daniel N’landu, chef de service du train urbain de Kinshasa, explique cette nouvelle tarification par la modernisation du matériel roulant et l’introduction de wagons offrant différents niveaux de confort.

Selon lui, les passagers étaient autrefois habitués à des tarifs plus bas, mais les nouvelles rames mises en circulation sont de meilleure qualité.

« Les nouveaux engins qu’on nous a amenés sont de qualité. Les chefs veulent la modernisation et de bonnes choses. Nous avons donc des wagons de qualité et chaque wagon a son prix », explique-t-il.

Un trajet plus rapide vers le centre-ville

Au-delà du confort, plusieurs voyageurs saluent surtout le gain de temps offert par le train.

Josué Misiki affirme avoir quitté son point d’embarquement vers 7h15 avant d’atteindre la Gare centrale aux environs de 8h05.

« Presque à 8h05, je suis déjà au niveau de la Gare centrale. Félicitations, c’est ce que nous voulons. Le peuple veut les résultats », se réjouit-il.

Pour l’heure, le service reste toutefois limité. Une rotation est organisée le matin et une autre en fin d’après-midi, du lundi au vendredi. Lorsque tous les équipements sont opérationnels, le dispositif prévoit normalement deux rotations le matin et deux le soir.

Selon Daniel N’landu, cette limitation temporaire s’explique par la reprise progressive du trafic sur la ligne de l’aéroport, restée longtemps inactive notamment en raison de constructions anarchiques ayant affecté le tracé ferroviaire. La voie ayant récemment été rénovée, les responsables ont opté pour une reprise progressive afin d’assurer la sécurité et la visibilité du parcours.

La relance du train urbain apparaît ainsi comme une réponse concrète au défi de la mobilité à Kinshasa, particulièrement pour les habitants de la Tshangu. Mais pour faire du rail une véritable alternative populaire au bus et aux autres moyens de transport, plusieurs voyageurs espèrent désormais une révision à la baisse des tarifs afin de rendre ce service accessible au plus grand nombre.

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