Une cinquantaine d’organisations de la société civile congolaise dénoncent des actes présumés d’intimidation, de menaces et de harcèlement judiciaire visant le média en ligne La Guardia et des défenseurs des droits humains. Dans un communiqué conjoint publié le 8 octobre 2026, elles mettent en cause la société minière Luilu Ressources SAS et interpellent les autorités sur la protection de la liberté de la presse et les risques environnementaux dénoncés dans le village Noa, au Lualaba.
À l’origine de cette affaire, un point de presse organisé le 19 septembre 2026 par l’Association pour le Développement Durable de Luilu (ADDL) et d’anciens étudiants de l’École du Fleuve Congo. Les intervenants y avaient exprimé les inquiétudes des habitants du village Noa concernant les conséquences sanitaires et environnementales présumées des activités de Luilu Ressources.
Ces dénonciations, relayées par le média La Guardia, auraient déclenché une série de pressions contre les journalistes et les membres de l’association.
Selon le communiqué, entre le 28 septembre et le 8 octobre, la direction de La Guardia aurait reçu plusieurs appels anonymes et des visites de personnes se présentant comme des représentants de l’entreprise minière. Ces dernières auraient proposé une contrepartie financière pour obtenir le retrait de l’article incriminé.
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Face au refus du média, Luilu Ressources aurait adressé, le 7 octobre, une mise en demeure par voie d’huissier, contestant les informations publiées et exigeant leur suppression sous peine de poursuites judiciaires.
Les organisations signataires affirment que La Guardia s’était pourtant déclarée disposée à publier un droit de réponse de l’entreprise, proposition que cette dernière aurait refusée.
La liberté de la presse au cœur des préoccupations
Pour les organisations signataires, ces pratiques présumées constituent une atteinte aux libertés fondamentales et risquent de décourager les journalistes ainsi que les défenseurs des droits humains engagés dans la surveillance des activités extractives.
Elles exigent notamment de Luilu Ressources de :
« Arrêter immédiatement toute forme d’intimidation, de menace, de pression ou de harcèlement à l’encontre des journalistes, défenseurs des droits humains et membres des communautés. »
Un audit environnemental indépendant réclamé
Au-delà des accusations d’intimidation, les organisations interpellent les autorités provinciales et nationales sur les préoccupations environnementales exprimées depuis plusieurs années par les populations du village Noa.
Elles réclament un audit environnemental indépendant des activités de Luilu Ressources, ainsi que la publication transparente de ses conclusions.
Les signataires demandent également aux autorités de garantir la sécurité des journalistes et des militants concernés, tout en encourageant une mobilisation solidaire des organisations de défense des droits humains.
Parmi les organisations associées à cette démarche figurent notamment AFREWATCH, La Sentinelle des Ressources Naturelles, ACIDH, CREEDA et JUSTICIA ASBL.
Cette nouvelle controverse remet au centre du débat la responsabilité environnementale des entreprises minières et la protection des journalistes qui enquêtent sur leurs activités.
À ce stade, les accusations formulées dans le communiqué restent celles des organisations signataires. Le document ne contient pas de réaction directe de Luilu Ressources aux faits qui lui sont reprochés.
