L’élection de la Zambie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour la période 2027-2029 suscite une réaction de la Law Association of Zambia (LAZ). L’organisation professionnelle des avocats appelle les autorités à faire correspondre cette reconnaissance diplomatique au respect effectif des libertés fondamentales et de l’État de droit, dans un contexte de tensions politiques persistantes.
La Zambie peut-elle défendre les droits humains à l’échelle internationale sans garantir leur pleine application sur son territoire ? Cette interrogation se trouve au cœur de l’interpellation adressée au gouvernement du président Hakainde Hichilema par la Law Association of Zambia.
Dans une déclaration publiée vendredi 16 octobre 2026, le président de l’association, Arnold Kaluba, a salué l’élection de son pays au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, tout en rappelant les responsabilités qui accompagnent cette nouvelle position diplomatique.
« L’élection de la Zambie doit donc s’accompagner d’un engagement tout aussi ferme, sur le plan national, à respecter, protéger et promouvoir les droits et libertés garantis par la Constitution. »
Arnold Kaluba, président de la LAZ
Une reconnaissance internationale qui oblige
Élue le 13 octobre avec 177 voix, la Zambie siégera au Conseil des droits de l’homme des Nations unies de janvier 2027 à décembre 2029.
Cette élection représente une avancée diplomatique pour Lusaka. Mais pour les avocats zambiens, elle ne saurait constituer une reconnaissance automatique de la situation des droits humains dans le pays.
« Une responsabilité internationale accrue entraîne une obligation plus grande de veiller au respect des droits humains, aujourd’hui plus que jamais. »
Arnold Kaluba, président de la LAZ
L’organisation professionnelle souligne notamment l’importance de la dignité humaine, de la liberté individuelle, de la protection de la loi, de la liberté d’expression ainsi que des libertés de réunion et d’association.
La justice au cœur des préoccupations
Au-delà des déclarations diplomatiques, la LAZ insiste sur la nécessité de renforcer les institutions chargées de garantir les droits fondamentaux.
« La protection effective des droits humains exige des institutions solides, une profession juridique indépendante, l’accès à la justice et le respect des procédures régulières. »
Arnold Kaluba, président de la LAZ
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, deux mois après l’élection présidentielle du 13 août 2026.
L’opposant Brian Mundubile, son colistier Makebi Zulu et seize autres personnes restent poursuivis pour trahison. Leur détention prolongée continue de susciter des interrogations sur les garanties judiciaires et le respect des libertés politiques.
Les prévenus contestent les accusations portées contre eux, tandis que les autorités défendent la légalité des procédures engagées.
La déclaration de la LAZ ne réclame toutefois pas explicitement la libération de Brian Mundubile et de ses codétenus.
Entre prestige diplomatique et réalités nationales
En rejoignant le Conseil des droits de l’homme, la Zambie obtient une place au sein d’une institution chargée de promouvoir et de protéger les droits fondamentaux à travers le monde.
La Law Association of Zambia accueille favorablement les engagements des autorités en faveur des femmes, des enfants, des personnes handicapées et des groupes vulnérables. Elle insiste néanmoins sur la nécessité de traduire ces engagements en mesures concrètes et durables.
Pour les avocats zambiens, la crédibilité internationale du pays dépendra également du fonctionnement de ses institutions judiciaires et de la protection effective des libertés constitutionnelles.
Cette interpellation place ainsi le gouvernement de Hakainde Hichilema devant un défi : faire correspondre les responsabilités internationales nouvellement acquises avec les exigences de l’État de droit sur le territoire national.
