Excédés par la multiplication des cambriolages et des agressions nocturnes, les habitants du quartier Hewa Bora, dans la commune de Dilala à Kolwezi, ont décidé de prendre leur sécurité en main. Des groupes de jeunes volontaires passent désormais leurs nuits à surveiller les rues et les habitations, dans un contexte marqué par un sentiment d’abandon face à l’insécurité grandissante.
Au quartier Hewa Bora, les nuits sont devenues une véritable source d’angoisse pour de nombreuses familles. Depuis quelque temps, les habitants dénoncent une recrudescence des cambriolages perpétrés par des individus armés de machettes et d’autres armes blanches.
Selon plusieurs témoignages, ces malfaiteurs opèrent en bandes organisées, parfois composées de plus d’une dizaine de personnes. Leur mode opératoire consiste à forcer les portes des habitations, à menacer les occupants et à emporter argent et objets de valeur. Les victimes qui ne parviennent pas à satisfaire leurs exigences subissent parfois de graves violences physiques.
Une victime, encore marquée par son agression, raconte son calvaire.
« Ils sont venus à la maison vers 2 heures du matin. Ils ont cassé les vitres, puis la porte. Ils ont violenté tout le monde dans la maison avant d’exiger de l’argent. Comme je n’avais pas la somme qu’ils réclamaient, ils m’ont blessé au bras et à l’œil droit. »
Des nuits de surveillance organisées par les habitants
Face à la répétition de ces attaques et à ce qu’ils considèrent comme l’inaction des services compétents, les jeunes du quartier ont décidé de s’organiser.
Des groupes de volontaires se relaient désormais durant la nuit pour surveiller les différentes avenues et tenter de dissuader les cambrioleurs.
Pour soutenir cette initiative, les ménages sont appelés à contribuer à hauteur de 1 000 francs congolais par jour. Les fonds collectés doivent notamment permettre de fournir du café et d’autres produits nécessaires aux jeunes mobilisés pour ces veilles nocturnes.
Pour les habitants, cette organisation communautaire apparaît comme une réponse à une situation devenue insupportable.
« S’il faut attendre les autorités, ces bandits risquent de nous exterminer tous. Alors, nous avons décidé de nous prendre en charge. Nous dormirons désormais dehors pour sécuriser nous-mêmes notre quartier. »
Où sont les services de sécurité ?
Si cette mobilisation témoigne de la détermination des habitants à protéger leurs familles et leurs biens, elle soulève également de sérieuses interrogations sur l’efficacité du dispositif sécuritaire dans cette partie de Kolwezi.
Comment expliquer que des citoyens en soient réduits à sacrifier leurs nuits et à cotiser quotidiennement pour assurer une sécurité qui relève normalement des missions régaliennes de l’État ?
Au-delà de la solidarité communautaire, cette initiative comporte aussi des risques. Sans encadrement approprié, les patrouilles improvisées peuvent exposer les volontaires à des affrontements avec des individus armés.
La situation du quartier Hewa Bora interpelle ainsi directement les autorités urbaines et les responsables des services de sécurité du Lualaba. Les habitants attendent des mesures concrètes pour mettre fin aux agressions et rétablir la quiétude dans leurs quartiers.
Car si les citoyens peuvent contribuer à la vigilance collective, la protection des personnes et de leurs biens demeure avant tout une responsabilité des pouvoirs publics.
