La crise postélectorale franchit un nouveau cap en Zambie. L’opposant Brian Mundubile, son colistier Makebi Zulu et l’homme d’affaires Harry Findlay ont été transférés à la prison de haute sécurité de Mukobeko, à Kabwe, après leur inculpation pour trahison. Au total, 18 personnes sont désormais poursuivies dans cette affaire, à la veille de l’investiture du président Hakainde Hichilema.
Mundubile envoyé à Mukobeko
Selon l’avocat Milner Katolo, les trois hommes ont été transportés sous forte escorte à bord d’un hélicoptère de la police zambienne avant d’être remis aux responsables de la prison de Mukobeko.
L’inculpation de Brian Mundubile et Makebi Zulu avait été confirmée dès samedi par leur avocat Kambwa Aongola.
« Brian Mundubile et son colistier Makebi Zulu ont tous deux été inculpés de trahison. »
A déclaré Kambwa Aongola, avocat, cité par Reuters.
La police affirme désormais que les personnes poursuivies auraient conspiré, entre le 1er et le 16 août, en vue de renverser le gouvernement par des moyens illégaux. Le porte-parole de la police, Godfrey Chilabi, a confirmé que le dossier concerne au total 18 accusés.
A lire aussi || Zambie : Mo Ibrahim met en garde Hichilema contre un recul démocratique après la présidentielle
Les autorités soutiennent également que des armes à feu, des munitions et du matériel tactique ont été découverts lors d’une opération menée dans une propriété de Kabulonga, à Lusaka. Ces éléments constituent à ce stade les accusations de la police et devront être établis devant la justice.
La fermeture des tribunaux toujours contestée
La tension dépasse cependant le seul dossier de trahison. Doreen Kabwe, directrice exécutive du Centre for Interparty Dialogue, a critiqué ce lundi la fermeture récente des tribunaux, intervenue pendant la période de contestation des résultats électoraux.
« Fermer les tribunaux de cette manière n’a pas seulement affecté la pétition électorale. Les gens ont des droits. »
A déclaré Doreen Kabwe.
Brian Mundubile avait rejeté les résultats de la présidentielle du 13 août, remportée officiellement par Hakainde Hichilema, et annoncé son intention de les contester.
Des voix appellent désormais au dialogue
Au sein même de l’opposition, certains responsables plaident maintenant pour une désescalade. Chris Zumani Zimba, secrétaire général de la Tonse Alliance, estime que la confrontation politique prolongée menace la stabilité du pays.
« La Zambie saigne et est divisée. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de guérison politique, pas de nouvelles tensions. »
A dit Chris Zumani Zimba.
Ces développements surviennent à quelques heures de l’investiture de Hakainde Hichilema, maintenue au 1er septembre 2026, alors que la Zambie reste profondément divisée par les suites du scrutin présidentiel.
