La rentrée scolaire 2026-2027 a officiellement démarré ce mardi 1er septembre en République démocratique du Congo. À Lubumbashi comme à Kolwezi, les écoles ont rouvert leurs portes, mais la reprise est restée particulièrement timide. Derrière les salles de classe clairsemées, de nombreux parents évoquent surtout le manque de moyens pour acheter uniformes et fournitures scolaires.
Une rentrée sans l’effervescence habituelle
À Lubumbashi, la rentrée scolaire n’a pas provoqué l’animation traditionnellement observée dès les premières heures de la matinée.
Habituellement, aux alentours de 7 heures, élèves en uniforme, parents et enseignants convergent massivement vers les établissements scolaires, provoquant des embouteillages. Ce mardi, cette effervescence était à peine perceptible dans plusieurs quartiers de la ville.
Le même constat a été fait à Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Si certaines écoles conventionnées catholiques et plusieurs grands établissements privés ont enregistré une présence plus importante, la tendance générale est restée à une faible affluence.
Les cérémonies officielles de lancement de l’année scolaire ont pourtant eu lieu normalement. Mais entre le lancement institutionnel et la réalité vécue par les familles, le contraste était visible.
« Mes enfants allaient partir avec quoi ? »
Pour plusieurs parents interrogés par Katanga24News, le principal obstacle reste financier.
Sébastien, père de trois enfants vivant dans la commune de Katuba à Lubumbashi, affirme ne pas avoir encore réussi à compléter les effets scolaires nécessaires.
« Monsieur le journaliste, j’aurais aimé envoyer mes trois enfants à l’école ce matin, jour de la rentrée. Mais ils allaient partir avec quoi ? Les uniformes et les fournitures scolaires ne sont pas encore complets. J’attends cette semaine pour voir si je trouve un peu de moyens afin de compléter les objets classiques. »
Un témoignage qui résume les difficultés rencontrées par de nombreux ménages au moment où plusieurs dépenses doivent être engagées simultanément : uniformes, cahiers, sacs, chaussures et autres fournitures.
À Kolwezi, Patrick, père de quatre enfants, a lui aussi choisi de reporter de quelques jours la rentrée de ses enfants.
« En tout cas, mes enfants commencent l’école lundi prochain. Avec la situation actuelle, ce n’est pas facile de réunir toutes les fournitures scolaires dès le premier jour. »
Des enseignants présents, mais des bancs encore vides
Dans certains établissements, les équipes éducatives étaient pourtant prêtes à démarrer les cours.
Le préfet d’une école de la commune de Katuba, à Lubumbashi, décrit une situation inhabituelle : les inscriptions sont bien avancées, les enseignants sont présents, mais les élèves tardent à rejoindre les salles de classe.
« Nous sommes prêts à enseigner, comme vous le constatez, monsieur le journaliste. Tous les enseignants sont là, mais les élèves ne sont pas là. Nous avons déjà inscrit beaucoup d’élèves. L’effectif représente presque 80 % de notre capacité d’accueil. Mais aujourd’hui, jour de la rentrée, les élèves ne sont pas venus. Il y en a juste quelques-uns qui viennent par curiosité pour voir si les cours ont réellement repris. »
Dans les rues de Lubumbashi et de Kolwezi, la faible présence des traditionnels uniformes bleu et blanc confirmait également cette reprise au ralenti.
Le choix d’un mardi perturbe aussi les habitudes
À la contrainte financière s’ajoute un calendrier jugé inhabituel par certains parents et élèves : cette année, la rentrée intervient un mardi.
À Kolwezi, Déborah, élève de 8e année de l’Éducation de base dans une école du quartier Joli-Site, reconnaît avoir été surprise par cette date.
« On m’a déjà acheté les uniformes et les cahiers, mais je ne croyais pas que l’école commençait aujourd’hui mardi. Nous sommes habitués à aller à l’école le lundi. Un mardi, c’est un peu bizarre. »
Cette rentrée en milieu de semaine pourrait ainsi avoir poussé certaines familles à attendre le lundi suivant pour envoyer effectivement leurs enfants à l’école.
Une rentrée révélatrice des difficultés des ménages
Au-delà du calendrier scolaire, la rentrée observée ce mardi à Lubumbashi et Kolwezi met surtout en lumière les difficultés économiques auxquelles font face de nombreuses familles.
Lorsque l’achat d’un uniforme, de cahiers ou de chaussures doit attendre une prochaine rentrée d’argent, le premier jour de classe devient pour certains parents une échéance difficile à respecter.
Entre pression sur le pouvoir d’achat, dépenses scolaires difficiles à réunir et démarrage en milieu de semaine, la rentrée 2026-2027 aura donc commencé au ralenti dans les deux grandes villes du sud-est de la RDC.
Reste désormais à voir si, dès les prochains jours et particulièrement à partir du lundi prochain, les bancs des écoles retrouveront progressivement leurs effectifs habituels.
